J'ai du bon tabac...

Publié le par Desnèfles

Avec la sortie du film "Coco avant Chanel", la polémique sur la propagande en faveur du tabac renaît, une fois de plus, de ses cendres. Certes, la nocivité du tabac n'est plus à prouver et la mauvaise influence sociale reste un facteur important de tabagisme. Mais quel est le prix à payer d'une campagne anti-tabac d'information et de prévention ?

Je ne souhaite pas remettre en question ici la légitimité de la lutte contre le tabac qui me semble un projet louable et devant tenir de la responsabilité de chacun, mais plutôt poser la question d'une certaine responsabilité face à l'histoire, au devoir de mémoire.

Interdire la mise en place d'affiches représentant Coco Channel (Audrey Tautou) fumant dans son lit me semble une décision discutable. Mais bien pire que cela, à mon sens, sont la disparition de l'inséparable pipe de Mr Hulot, ou du mégot de Sartre sur des photos que je n'hésiterai pas à qualifier d'historiques. 

Après tout, pourquoi ne pas également supprimer le cigare de Che Guevarra, celui de Castro ou interdire à la vente les posters de Bob Marley le représentant, hilare, en train de rouler un joint de Marijuana illégale. Combien d'icônes devront subir telle punition ? Brassens, Brel et Ferré ? Gainsbourgh ? James Dean ?... Comment prendre d'ailleurs le cas du sous-commandant Marcos, qui, lui, arbore une pipe éteinte ? Va t-on monter une fleur entre les lèvres de Prévert sur la couverture de son admirable recueil de poèmes : Paroles ? Punira-t-on les parents irresponsables qui apprennent à leurs enfants ce petit chant de mon enfance : J'ai du bon tabac... Ou juste leur conseillera-t-on de préférer Gentille alouette (Chanson un peu perverse il est vrai mais absolument inoffensive pour la sécurité sociale.)

Tous ces exemples, par une vague ironie, cherchent en réalité à refléter le dilemme d'une démarche se confrontant à la valeur hautement significative et symbolique d'un détail. 

Nous pourrions également entrer dans des considérations esthétiques : ne vous êtes vous jamais arrêté à contempler une photographie en noir et blanc, prise dans un obscur club de jazz ; où les volutes bleutées d'une cigarette abandonnée dans un cendrier encerclent, cachent et dévoilent en même temps, le sourire ou le regard transcendé d'un musicien ? 

Mais tenons nous en, pour la cohérence de notre discours, au simple problème historique. Comment nomme-t-on ce phénomène volontaire d'effacement des traces désagréables de notre histoire ? Du révisionnisme il me semble.
Du révisionnisme bien pensant, du révisionnisme de détail, mais du révisionnisme quand même. 

Il y a de quoi se surprendre de se dont nous sommes capables avec toutes les meilleures intentions du monde. Avec un soupçon de négligence et un léger rideau de fumée devant les yeux.

Vive la mémoire et vive l'histoire !
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Publié dans société

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J
héhé, voilà que la polémique vient d'être plongée dans un bouillon de légume de saison. Ont-ils eu l'oreille échauffée, la bouche trop sèche d'avoir chanté quelques temps les bienfaits vertueux d'une politique démagogique de dénigrement ? As trop danser la pluie, ont ils essuyé des orages avec vents violent? Bref, il n'est plus rien, une guerre sans bataille, menée brèvement pour les mœurs fragiles de quelques "polémiqueurs"en mal d'image. (lol)<br /> <br /> La loi vient d'être rejetée<br /> <br /> Mais comment passer à côté de:<br /> <br /> Tabac: bientôt des images chocs pour faire peur aux fumeurs : et la création d’une photothèque de 42 images a été mis à disposition par l’U.E et son application sur les paquets de cigarettes en France courant mai ne va pas faire de vague.<br /> Deux questions me viennent à l’esprit : <br /> - les modèles toucheront-ils des droits ?<br /> -les paquets de tabacs a rouler seront ils eux aussi vandalisés par des images perverses ?<br /> <br /> -
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