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Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /Mai /2010 00:28
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Le vertige de la décroissance ; ou pourquoi la décroissance, en tant qu'idéologie, serait la plus grande révolution jamais vécue dans nos sociétés.


Tout d'abord, il faut comprendre que jamais les acteurs (politiques, financiers ou industriels) du système capitaliste n'accepteront le principe de décroissance. La bourse, et donc le socle financier de toutes les industries, repose sur le principe de la croissance. On investi dans les sociétés en hausse, ou dans celles que l'on estime avoir un potentiel productif en termes de bénéfices. Et l'on se retire des sociétés en baisse, leur retirant de ce fait leur potentiel productif et leur condition d'existence.

Pour bien comprendre, imaginez une seconde les traders s'acharnant jour après jour à investir dans des sociétés qui leur font perdre de l'argent. Plus de croissance, plus de profit financier, plus de raison d'investir !

Actions, bourses et finance sont incompatibles avec ce principe de décroissance.

 

De ce fait, la décroissance n'existe pas en tant que telle. Seule existe la crise, qui par essence ne peut s'éterniser, à moins de mener à l'effondrement. Il n'y a pas de transition entre les deux. Nous verrons donc l'effondrement radical du système capitaliste moderne avant d'avoir eu, ne serait-ce qu'un instant, l'illusion de connaître la détente bienfaisante de la décroissance. De même que le système capitaliste est brutal, la crise le sera tout autant, et l'effondrement finira de plonger les sociétés modernes dans le chaos social. En effet, il n'existe pas de révolution plus forte que celle qui consisterait à sortir du capitalisme. 

La décroissance n'est donc, à mes yeux, que l'expression de la volonté de voir s'effondrer l'insupportable château de cartes capitaliste. Et comme toute révolution réellement radicale, cet idée me paraît vertigineuse. 

 

new-york-toits

 

Quel peut donc être l'alternative entre croissance et décroissance (en fait entre croissance et crise puis effondrement) ? Existe-t-il une voix moyenne et raisonnable ? Un juste milieux ?

Sur le plan financier il n'en existe aucune. Il n'existe, en effet, pas de capitalisme a visage humain. Profits et exploitation sont soeurs, et mères du capitalisme. Dans la réalité économique, seul pourrait alors exister un système dépourvu de spéculation, autrement dit de la vermine qui ne sait qu'exploiter son prochain. 

 

Enfin, comme tout vertige, celui de la décroissance est avant tout une prise de conscience. Prise de conscience de la radicalité de certaines réalités, mais aussi de la violence de la chute. Si le vertige est une réaction préservant l'homme de faire certains pas dans le vide ou de tomber dans certains fossés ; elle est également la sensation que ressent un homme qui, pour la première fois, se sent libre. Libre et seul maître de son destin dans l'immensité de l'univers. Ridiculement petit et pourtant infiniment puissant. Faire le pas de la décroissance, c'est, sous un prête-nom, faire le pas de la révolution et se jeter à corps perdu dans une liberté souhaitable mais qui nous dépasse. 

Par La Bile - Publié dans : économie
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